Turkey

Zekeriya Kilinç rapatrié en Turquie pour un meilleur soin

Un citoyen turc vivant en France, Zekeriya Kilinç, hospitalisé à l’Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon a été rapatrié en Turquie le jeudi 16 avril par un avion ambulance affrété par la Turquie. L’Agence Anadolu a été à la rencontre la famille du jeune homme pour avoir de plus amples informations autour de cette affaire.

En effet le 30 mars, Zekeriya Kilinç, jeune homme de 33 ans, a fait une crise cardiaque et a été transporté en urgence à l’hôpital Croix-Rousse à Lyon. Mais par la suite, sa famille a demandé le rapatriement vers la Turquiepour une meilleure prise en charge médicale.


Néanmoins, le beau-père de Zekeriya Kilinç, Irfan Binekci, qui a suivi toute l’affaire de près depuis le début, tient à mettre au clair un certains nombres de points.

Zekeriya Kilinç a 3 enfants

Ainsi, il explique que Zekeriya est marié à sa fille et qu’ils ont 3 enfants.

« Lorsqu’il a été transporté à l’hôpital, contrairement à ce qui a été dit, les médecins se sont très bien occupés de lui », commence-t-il par raconter. Il ne comprend d’ailleurs pas que « certains médias disent le contraire ».

https://twitter.com/IslamMagfr/status/1251206088676032513

En revanche au bout de 8 jours « les choses commence à se corser », dit-il. En effet, d’après ses explications les médecins français ont estimé « qu’il n’y a plus aucune chance de survie et qu’une équipe de médecins propose de cesser l’acharnement thérapeutique ».

« Mais ma fille a catégoriquement refusé », explique encore M. Binekci. A la suite de cette mauvaise nouvelle, M. Binekci indique avoir appelé le Consul Général de Turquie à Lyon, M. Muslum Aygun, « afin d’avoir son avis ».

A ce moment, « Monsieur le consul m’a proposé d’avoir l’avis d’un médecin franco-turc ». Contrairement à ce qui a été annoncé dans les médias, ce médecin, « ne s’est pas déplacé à l’hôpital », s’insurge M. Binekci. « Comment un médecin peut venir de l’extérieur et demander à voir un patient ? Ce n’est tout simplement pas possible », tient-il à préciser.

Par contre, ce médecin a estimé par téléphone « qu’il était trop tôt pour arrêter de le soigner ».

La famille a donc demandé le rapatriement vers la Turquie. Commencent ainsi des échanges téléphoniques entre le consulat et le Ministre turc de la Santé Fahrettin Koca et le Ministre des Affaires Étrangères Mevlut Cavusoglu.

Plusieurs autres personnalités comme, Mustafa Destici, président du Grand Parti de l’Union (BBP), ou Recep Akdag, président de la Commission de Santé au Parlement turc, soutiennent aussi la famille.

Jusqu’au mercredi 15 avril aucune réponse ne parvient de la Turquie. Ce jour-là, M. Binekci se rend à nouveau au consulat afin d’avoir des nouvelles et se concerter avec le Consul.

Tout change avec l’appel de l’aviation civile

« Nous étions vraiment pessimistes à ce moment-là. Nous réfléchissions à la manière dont nous allions réagir par la suite. Nous voulions organiser une réunion de famille », se souvient encore Binekci. Il explique même avoir demandé un devis par téléphone à une société privée pour le rapatriement. La société avait proposé de le faire pour 27 400 euros en cas d’accord des autorités françaises et turques.

Mais tout change après avoir reçu une nouvelle du Consul, quelques minutes après l’avoir quitté.

Cette fois, le Consul annonce que la Turquie accepte le rapatriement et qu’il attend désormais la lettre de mission officielle.

Mais les heures passent et la lettre n’arrive toujours pas. La famille est très inquiète et ne peut pas prévenir l’hôpital tant qu’elle n’est pas sûre du rapatriement.

Dans la nuit, une responsable de l’aviation civile turque appelle la famille pour demander des informations complémentaires et annonce que le jeudi 16 avril un avion va venir chercher le malade.

Entre temps, une responsable de l’hôpital a envoyé un mail à la famille pour dire qu’elle ne s’oppose pas au rapatriement et qu’elle fournira une ambulance et deux accompagnants jusqu’à l’aéroport.

« Jeudi matin, d’autres médecins n’ont pas apprécier cette décision. Ils nous disaient qu’ils n’avaient pas d’ambulance. D’ailleurs ils étaient étonnés que la Turquie envoie un avion pour chercher un seul malade ». « Mais qui êtes-vous pour qu’un pays envoie un avion pour vous ? », auraient lancé des médecins à la famille.

Finalement la famille se débrouille pour trouver une ambulance à ses frais et l’hôpital fournit deux accompagnateurs ainsi que le respirateur ».

Ce jeudi, c’est le soulagement pour toute la famille. Une lueur d’espoir est née. Au moins, elle a l’impression de ne pas avoir baissé les bras.

Un autre patient récupéré en Italie

M. Binekci explique aussi que la responsable de l’aviation civile a raconté que le « même avion allait ensuite passer en Italie pour prendre un autre citoyen turc malade. Celui-ci devait être remis à Adana (Sud) avant d’emmener son beau-fils à Konya (Centre) où il sera pris en charge par les médecins turcs ».

Vendredi 17 avril, la famille a pu prendre de ses nouvelles auprès des médecins en charge de le soigner. Ainsi, le beau-père confirme que son état est stable mais critique. « Il a des infections pulmonaires qui doivent d’abord être nettoyées. Par la suite, les médecins vont s’occuper de son cœur et de son cerveau », précise le beau-père.

Remerciement envers les personnes qui ont soutenu la famille

Il tient d’ailleurs à remercier particulièrement les citoyens turcs de France qui ont apporté leur soutien à la famille. Aussi, tous les responsables politiques en particulier le Président de la République de Turquie Recep Tayyip Erdogan, sans lequel cet accord n’aurait pas été possible, le ministre des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, le ministre de la santé, Fahrettin Koca, le président du BBP, Mustafa Destici, ainsi que tous les autres.

Il espère que ses petits-fils retrouvent leur père rapidement.

Rédaction avec Agence Anadolu

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About the author

Fatih Karakaya

Fatih Karakaya

Fatih Karakaya est né en 1977 à Kayseri en Turquie. Il est parti à l’âge de 10 ans en France. Après ces études de Turcologie à l’université de Strasbourg, il a commencé à travailler pour des journaux locaux en France.

Par la suite, il a écrit pour le site d’information Haber7 avant de devenir journalise Freelance.

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