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Violences Policières : la famille de Wissam El-Yamni réclame justice depuis 8 ans

Ce mercredi 15 juillet, la cour d’appel de Riom (centre) a rejeté la demande de la famille, qui réclamait l’audition des trois jeunes placés en garde à vue le même soir que Wissam El-Yamni.

En effet, les proches de Wissam demandaient l’audition de trois jeunes qui étaient au commissariat de Clermont-Ferrand le même soir que Wissam. Pour les membres de la famille, ces mineurs pouvaient attester que la mort de Wissam était le résultat de violences policières. Mais la cour d’appel de Riom a donc rejeté cette demande.


« Refuser d’entendre des jeunes qui étaient dans le commissariat est injuste, car ils ont vu des choses. Ils voient une partie de la scène quand Wissam est dans le commissariat », dit à la presse Jean-Louis Borie l’avocat de la famille. Par ailleurs, il dénonce une instruction « entachée d’expertises erronées et dont on a montré la fausseté ».

En revanche, la cour d’appel de Riom a ordonné une nouvelle audition des policiers, en tant que témoins assistés, et en présence des parties civiles. Pour l’instant n’a pas encore fixé de date mais grâce à cette nouvelle audition la famille garde espoir. En effet, l’avocat estime qu’il pourra demander à nouveau l’audition des trois mineurs si des nouveaux éléments apparaissent lors de l’audition des policiers.

8 ans de combat judiciaire pour la famille de Wissam El-Yamni

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2012, Wissam El-Yamni fête la nouvelle année à Clermont-Ferrand avec des amis d’enfance. Le 1er janvier 2012, ce chauffeur routier de 30 ans est violemment interpellé par la police. Il fait un malaise cardiaque et décède quelques jours plus tard.

Marwa El-Yamni
Wissam El-Yamni

En revanche, les policiers défendent une autre version des faits. D’après eux, le soir de la Saint-Sylvestre, Wissam aurait jeté des projectiles vers la voiture de la police. Attrapé puis plaqué au sol, le jeune homme est victime d’un malaise cardiaque et tombe dans le coma pendant son transport au commissariat. Neuf jours plus tard, Wissam décède au CHU Estaing.

Pourtant, au fil des autopsies, expertises et contre-expertises, la famille découvre de nombreux indices qui remettent en cause la version officielle. En effet, l’autopsie révèlera qu’il avait des fractures, des bleus et des traces de strangulations.

https://twitter.com/MTGphotographe/status/1274443238074658823

Les enquêtes de l’IGPN clôturées rapidement

En janvier 2012, le procureur de la République avait ouvert une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » à l’encontre des deux agents à l’origine de l’interpellation. De plus, un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) affirmait à l’époque que le décès était dû à la technique du « pliage ».

Mais en avril 2013, une nouvelle expertise met sa mort sur le compte d’une association cocaïne-alcool. Cette nouvelle version contredite par un professeur en cardiologie mandaté par la famille permet à nouveau en février et en mars 2013, la mise en examen des deux policiers impliqués.

Pourtant, une nouvelle expertise judiciaire conclura à « un trouble du rythme ventriculaire grave induit par la consommation simultanée d’éthanol en grande quantité et de cocaïne, permettant ainsi l’annulation de la mise en examen des policiers ».

Malgré un taux de cocaïne très faible et une contre-expertise réfutant cette hypothèse, les magistrats tiennent compte uniquement la version policière. « Le juge d’instruction nous a refusé tous les actes qu’on avait demandés. On a fait appel et on a demandé l’audition des policiers, des recherches sur les photographies qui ont disparu, et surtout l’audition des mineurs qui étaient dans le commissariat », se plaignait au mois de juin à au site d’information indépendante Streetpress, Jean-Louis Borie, l’avocat de la famille.

Wissam El Ymani, victime d’un racisme ?

Toujours dans l’entretien à Streetpress, la mère de Wissam se dit convaincue à jamais que son fils a été victime d’un crime raciste.

« Avant, je ne pensais pas que Wissam avait été victime d’un crime raciste, maintenant oui. Quand on nous a empêchés de planter l’arbre, ça m’a réveillée », confie-t-elle. En effet, le samedi 18 novembre 2017, la famille devait planter dans le jardin Lecoq, en plein cœur de la ville de Clermont-Ferrand, un arbre en hommage à Wissam. La famille avait donc obtenu toutes les autorisations nécessaires avant que le syndicat de policiers Alliance fasse interdire au préfet.

https://twitter.com/actazone/status/1215386720675471361

Toujours selon Streetpress, l’artiste Thierry Toth avait proposé en 2019 au Conseil Général une sérigraphie représentant un véhicule de police et trois chiens de la brigade canine, sur fond rouge. Mais le Conseil Général refusera catégoriquement l’œuvre intitulée « Wissam El-Yamni 1981-2012 ».

De même, le syndicat étudiant l’Unef subira des pressions pour adoucir une fresque dans le cadre du Festival étudiant contre le racisme et les discriminations qu’il organise chaque année. En effet, les autorités locales ont refusé catégoriquement un message en référence à « l’affaire Wissam ».

Des zones d’ombre encore trop nombreuses

Il faut dire que depuis 2012, les expertises et contre-expertises se succèdent pour tenter d’établir la vérité. L’affaire comporte encore de très nombreuses zones d’ombre, insiste à chaque occasion la famille.

« Nous, ce qu’on ne comprend pas, c’est comment une personne qui est en bonne santé, n’a pas de fractures, est menottée, se retrouve en moins de 10 minutes avec des fractures, des traces de strangulations et dans le coma, alors que les policiers n’ont pas la moindre égratignure », s’interroge encore la mère de Wissam, toujours au même média.

Le refus d’audition des trois témoins clés abasourdit la famille mais elle ne perd pas espoir. Elle est convaincue qu’un jour la justice sera rendue et que « cet arbre sera planté au jardin Lecoq ».

Source: medyaturk.info

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About the author

Fatih Karakaya

Fatih Karakaya

Fatih Karakaya est né en 1977 à Kayseri en Turquie. Il est parti à l’âge de 10 ans en France. Après ces études de Turcologie à l’université de Strasbourg, il a commencé à travailler pour des journaux locaux en France.

Par la suite, il a écrit pour le site d’information Haber7 avant de devenir journalise Freelance.

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