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Le PKK, une menace que l’Europe ignore

Classée comme organisation terroriste par de nombreux pays, le PKK et ses branches semblent néanmoins ne pas inquiéter les pays occidentaux.

A la suite des attentats perpétrés en Europe, comme l’assassinat le 28 février 1986 à Stockholm de l’homme politique suédois, Olof Palme dont elle a été accusée, l’organisation PKK créée en 1978 par Abdullah Ocalan – capturé au Kenya et emprisonné en Turquie depuis 1999 -, a été classée dès les années 80, comme entité terroriste, aussi bien aux Etats-Unis que dans les pays européens.

Le PKK, organisation marxiste-léniniste, prône l’autonomie des régions de l’Est et du Sud-est de la Turquie en ayant recours aux attentats et à la lutte armée.
Selon un décompte officiel, plus de 42 000 personnes ont été tuées dans ce conflit de 1984 à 2010 dont plus de 5 000 civils et plus de 6 000 membres des forces de l’ordre.

Le PKK se compose de plusieurs branches au Moyen-Orient et au Proche Orient. En Iran, le groupe utilise le nom – PJAK – et en Syrie, elle se fait appelée PYD, qui dispose d’une branche armée nommée YPG. Lors de la guerre menée contre Daech en Irak et en Syrie, les alliés occidentaux ont prétendu s’appuyer sur cette milice armée afin d’éliminer les terroristes.

Le PKK, reconnu comme organisation terroriste par la communauté internationale, les Etats-Unis avaient alors tenté de dissocier le PKK du YPG. D’ailleurs, en juillet 2017, la presse turque avait rapporté les propos du général américain Thomas qui avait suggéré au PYD de devenir « les Forces Démocratique Syriennes » (FDS).

Depuis de nombreuses années, les populations civiles syriennes sont les victimes des tensions et conflits, engendrés par les milices terroristes postées dans la région. Des conflits qui affectent la Turquie puisqu’elle subit des attentats sur son territoire depuis la création du PKK et ce, via l’infiltration de terroristes depuis les territoires voisins irakien et syrien. Malgré ce danger, les alliés occidentaux n’ont pas hésité à lui fournir des armes lourdes aux motifs de lutter contre Daech en Syrie.

La Turquie, dans le but légitime de sécuriser ses frontières et de neutraliser les éléments terroristes, aussi bien ceux de Daech que du PKK, a lancé l’opération Rameau d’olivier le 20 janvier dernier dans la région d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie.

L’Union des Démocrates Turcs d’Europe a publié un rapport début mars, qui recense les attaques des partisans du PKK/PYD à l’encontre des intérêts turcs en Europe, depuis le lancement de cette opération. En date du 1er mars, il a été dénombré 43 attaques contre des mosquées, des commerces et des individus d’origine turque.

Selon un décompte officiel des autorités allemandes, pour l’année 2017, plus de 1000 mosquées ont été la cible d’attaques terroristes. D’après les chiffres relevés par Anadolu, sur la période des 2 premiers mois de l’année 2018, ce sont plus de 20 mosquées qui ont été ciblées par des partisans du PKK.

Par ailleurs, comme l’a relevé, le journaliste français Wassim Nasr, sur son compte twitter, plusieurs comptes de réseaux sociaux proches des mouvances terroristes, ont appelé à amplifier les attaques envers « la communauté turque », mais aussi des intérêts européens comme les banques.

Les partisans du PKK/YPG accusent les européens de les avoir abandonnés. Depuis le début de l’année, des attaques aux cocktails molotovs contre deux mosquées et des commerces turcs en Allemagne, ont été revendiquées par les sympathisants du groupe terroriste. De plus, les partisans du PKK ont agressé dans plusieurs villes européennes des citoyens d’origine turque.

A cette menace s’ajoute celle du retour des terroristes européens ayant rejoint les rangs du PYD.

D’ailleurs, jusqu’à présent, la question du retour des combattants français aux côtés du PYD ne s’était encore jamais posée. Néanmoins, la chaîne d’information française, France 24, s’est dernièrement interrogée sur le profil des membres de ces milices et leur possible retour en Europe.

Définies comme des idéalistes « d’une révolution de gauche », la chaine avait mis en exergue, dans un reportage diffusé mi-mars, le fait que ces personnes ne sont pas du tout inquiétées, à leur retour, par les services de renseignement.

Selon la même source, plusieurs spécialistes, dont Guillaume Corneau-Tremblay, universitaire à Laval (Canada), indiquaient craindre « qu’après plusieurs mois passés sur le front, ces internationaux sont susceptibles de s’identifier à la cause et de s’approprier le conflit … Quitte à le transposer sur d’autres théâtres ».

A l’inverse, Olivier Grosjean, maître de conférences à la Sorbonne, affirme dans le même reportage que « le PKK n’est pas en guerre contre l’Occident et n’a pas commis d’attentats sur son sol ». Or, comme l’avait relayé la presse internationale à l’époque, le PKK avait commandité l’attentat, en février 99, contre le consulat d’Israël à Berlin. Les membres du PKK accusaient Israël d’être à l’origine de la capture d’Abdullah Ocalan. De plus, comme l’a relayé la presse française, plusieurs de ses membres ont été condamnés pour appartenance à une organisation terroriste.

« Faut-il que nous soyons brûlés pour que ces attaques soient considérées comme des attentats terroristes », s’insurge Ahmet C., citoyen d’origine turque, à Anadolu, qui ne comprend pas « comment un pays qui considère une organisation terroriste la laisse agir en toute liberté ».

« Pour le moment, l’Europe ne considère pas ces menaces comme étant sérieuses » tempère, Romain Caillet, spécialiste des courants djihadistes, avant de nuancer que « si des assassinats de diplomates turcs devaient avoir lieu la donne pourrait changer ».

En outre, ce dernier ajoute que : « ces partisans du PYD/PKK et de leurs alliés d’ultra-gauche pourraient agir par désespoir ou vengeance. Si cela arrivait, les conséquences seraient graves », conclu-t-il.

Récemment, la chaine d’information française FranceTv info diffusait une interview d’un “anarchiste-communiste” qui “se dit addict aux armes et en manque depuis son retour en France.” Le jeune homme qui précise avoir appris à manier des armes se “dit vouloir mourir pour un modèle de société communiste”. La chaine précise que les renseignements généraux l’ont “simplement entendus sans pour autant donner une suite judiciaire”.

Pourtant, plusieurs associations avaient tenté d’alerter les autorités françaises sur la nécessité de prendre des mesures.
« Nous avons écrit à notre ministre de l’intérieur Gerard Collomb, pour lui faire part des agissements illégaux des organisations terroristes. Or, il nous a répondu comprendre nos préoccupations mais que son agenda ne lui permettez pas de nous rencontrer », regrette Kadir Guzle, président de Conseil de la Justice de l’Egalité et la Paix de France.

 

Source: AA

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Fatih Karakaya

Fatih Karakaya

Fatih Karakaya est né en 1977 à Kayseri en Turquie. Il est parti à l’âge de 10 ans en France. Après ces études de Turcologie à l’université de Strasbourg, il a commencé à travailler pour des journaux locaux en France.

Par la suite, il a écrit des écrits sur le site d’information Haber7 avant de rejoindre l’Agence de presse Anadolu.

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