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COVID-19 : la position de la Turquie face à la demande internationale de masques

Depuis le début de la propagation du virus, l’approvisionnement en masques de protection et en gel désinfectant est devenu un enjeu majeur pour les nations comme pour la Turquie. Du matériel médical qui vient à manquer et pour lequel la Turquie est connue comme étant l’un des plus importants producteurs. Un des leaders du marché vers lequel se tournent désormais de nombreux pays souhaitant réapprovisionner leurs stocks en urgence.

Mais la Turquie a-t-elle la capacité productive afin de répondre à ces demandes ?

Avant l’arrivée du virus, la Turquie produisait entre 150 et 200 millions de masques par an. Or d’après les chiffres officiels, les Chinois fabriquent 90% des masques mondiaux. Un chiffre qui s’explique du fait que la population chinoise est la plus importante utilisatrice de masques, environ 200 millions par jour.


Depuis le mois de janvier, ce chiffre a doublé suite à la propagation du coronavirus (COVID-19). Une augmentation telle que les usines chinoises n’étaient plus à même de faire face à la demande. D’ailleurs, avec les mesures de confinement drastiques décidées par le gouvernement, il était devenu impossible de se procurer ces produits médicaux.

La Chine s’est alors tournée vers la Turquie afin de réapprovisionner son stock de masques de protection. C’est pourquoi dès début janvier, les entreprises en Turquie, pays qui n’avait alors enregistré aucun cas de Coronavirus sur son sol, ont commencé à produire en masse des masques pour le marché chinois.

Dans un article d’Euronews Turc publié le 31 janvier, un producteur de masques expliquait alors qu’ils avaient commencé à produire 24 heures sur 24 et qu’ils allaient envoyer 250 000 masques en Chine.

Plusieurs entreprises dans le même cas ont ainsi tenté de répondre à la demande de la Chine. Mais entretemps, le 11 mars, la Turquie a enregistré son premier cas de personne infectée par le COVID-19. De ce fait, la demande du marché intérieur a aussitôt explosé. En réponse, le président Erdogan a demandé au ministre de l’industrie, Mustafa Varank, de faire un état des lieux des réserves et de la capacité de production du pays.

Capacité de production de 1 million de masques par jour

Dans un tweet publié le 14 mars, le ministre Varank, a expliqué que la Turquie avait une capacité de production de 1 million de masques par jour et qu’elle pouvait aussi exporter.

D’ailleurs, au même moment l’Europe, et plus particulièrement l’Italie et la France, a été confrontée à une multiplication exponentielle du nombre de cas infectés par le Coronavirus. Certaines entreprises ont donc augmenté leurs prix pour les exportations vers l’étranger.

A l’instar de la France qui avait pris des mesures pour enrayer l’augmentation des prix, la Turquie a décidé dès le 4 mars de soumettre à une autorisation préalable l’export des produits désinfectants ainsi que des masques de protection.

Le marché intérieur en priorité

Depuis le 11 mars, en Turquie il a été enregistré 670 cas de coronavirus et 9 personnes sont décédées des suites de la maladie. Par ailleurs, le pays compte 83 millions d’habitants. De ce fait, la production de 1 million de masques par jour demeure insuffisante. Une pénurie ayant des répercussions puisque les personnes fragiles, comme celles atteintes d’un cancer, ont du mal à se procurer des masques dans ce contexte.

Il est tout à fait légitime pour tous les pays de fournir en priorité leurs propres citoyens. D’ailleurs la France, l’un des principaux foyers du virus en Europe, a réquisitionné début mars au moyen d’un décret tous les stocks et la production de masques de protection. De même en Turquie, si la situation venait à s’aggraver, il serait incompréhensible que les masques soient vendus à l’étranger alors même qu’il viendrait à en manquer sur le marché intérieur.

C’est pourquoi et alors même que certains médias français s’offusquent du blocage des masques sur le territoire turc, accusant la Turquie de priver de matériel médical les pays touchés par le nouveau Coronavirus, que des voix s’élèvent afin d’expliquer que le pays, à l’instar de nombreux autres, réquisitionne ces derniers afin de faire face à une épidémie dont nul territoire n’est épargné.

Malgré tout, la Turquie aide d’autres pays

Dans ce contexte de crise sanitaire internationale, il est à noter que malgré tout la Turquie vient en aide aux 4 millions de réfugiés qui vivent sur son territoire. En outre, plus d’un million de nouveaux réfugiés syriens vivent à proximité de la frontière turque. Des zones où de nombreuses ONG turques œuvrent en première ligne et viennent en aide aux populations touchées par la guerre qui continue de sévir en Syrie.

Par ailleurs, des équipes médicales turques ont distribué des brochures de sensibilisation, fournies par le Département de communication à la présidence turque, aux habitants du village syrien d’Afrin pour qu’ils préviennent la contamination par le Covid-19. Chaque brochure est composée de 6 pages rédigées en langue arabe, dont 500 mille copies ont été distribuées dans 3 régions d’Afrin. Aussi des prélèvements envoyés à des laboratoires en Turquie, sont effectués sur les personnes présentant des symptômes de la maladie.

La Turquie aide aussi des pays européens

Même dans ce contexte, la Turquie fait preuve de solidarité. Ainsi, le ministre de la défense bulgare, Krasimir Karakaçanov, a critiqué l’attitude de l’Union Européenne et a remercié la Turquie pour son aide. En effet, dans une déclaration à la presse internationale, le ministre a précisé que la Turquie avait livré 50 mille masques, 100 mille combinaisons et lunettes de protection à la Bulgarie.

Déjà au mois de février, la Turquie avait envoyé 300 tonnes de matérielmédical à la Chine afin de l’aider dans sa lutte contre le virus. Par ailleurs, le 17 mars dernier, la Turquie avait également aidé l’Iran en envoyant du matériel médical dont des kits de tests au coronavirus.

Enfin, le 20 mars, la Bosnie Herzégovine a demandé officiellement une aide médicale à la Turquie.

Bakir Izzetbegovic, vice-président du Parti d’action démocratique et ancien membre de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, s’était entretenu avec le président Erdogan pour formuler cette demande.

Outre cela, un responsable d’une société d’export, qui souhaite garder l’anonymat, a déclaré au correspondant d’Anadolu que son entreprise avait reçu des dizaines de demandes de 30 pays différents concernant les produits médicaux mais elle n’a pas pu obtenir les autorisations nécessaires afin de répondre à ces demandes. Des refus qui indiquent la volonté de la Turquiede répondre prioritairement à la demande de sa population et de ses soignants, le pays se préparant à une hausse des cas dans les jours à venir.

Source: medyaturk.info

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About the author

Fatih Karakaya

Fatih Karakaya

Fatih Karakaya est né en 1977 à Kayseri en Turquie. Il est parti à l’âge de 10 ans en France. Après ces études de Turcologie à l’université de Strasbourg, il a commencé à travailler pour des journaux locaux en France.

Par la suite, il a écrit des écrits sur le site d’information Haber7 avant de rejoindre l’Agence de presse Anadolu.

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